LU DANS L’HEBDOMADAIRE L’EXPRESS (19/7/2007)
« À LA PAGE.
« LA HAINE DE L’AUTRE.
« En matière d’immigration, les mots pèsent souvent plus lourd que les connaissances et les arguments. Le mérite du dernier ouvrage de l’historien Gérard NOIRIEL est de redonner une épaisseur historique à un sujet qui suscite souvent la polémique.
« Le sous-titre de ce livre, Discours publics, humiliations privées, est éloquent. Gérard NOIRIEL retrace l’évolution des mots accolés à l’Autre – la presse d’extrême droite utilise le terme « racaille » dès les années 1930 – pour mieux déconstruire des stéréotypes qui finissent par devenir la norme.
« Depuis la parution de ce livre, l’auteur a démissionné, avec sept autres universitaires, des instances officielles de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, pour protester contre l’intitulé du nouveau ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement. »
B. T. »
(Immigration, antisémitisme et racisme en France (XIXe-XXe siècle), par Gérard NOIRIEL. Fayard, 37 p., 29€)
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LU DANS L’HEBDOMADAIRE « LE POINT » (N° 1753 du 20/04/06)
« ÉDITION
« LE BON TEMPS DES COLONIES ?
« L’image a désormais valeur d’icône, qui a fait la notoriété de la marque Banania : un tirailleur sénégalais déguste la boisson chocolatée pour enfants, avec cette légende : « Y’a bon ». Le message est là, subliminal : l’Africain infantilisé reste d’une iconographie coloniale tenace.
« Pendant plus d’un siècle que dura la présence française outre-mer, les images de cet acabit abondent. Rassemblées et décryptées dans « L’illusion coloniale », toutes montrent des « civilisés » partis éduquer les indigènes « barbares ». Toutes oeuvrant au mirage de la mère patrie, envoyant, au nom du progrès, ses colons missionnaires.
« Plus de quarante ans après la fin de la décolonisation, Banania vient de renoncer à son slogan, et la loi du 23 février 2005 sur le « rôle positif » de la colonisation a suscité de nombreux débats avant d’être abrogée. Les clichés ont la vie longue, l’ouvrage montre que certains ont essaimé. Il conclut sur la vision, bien contemporaine cette fois-ci et sans nuances, d’une Afrique uniformément miséreuse, incapable de s’autogérer. L’illusion perdure.
Aurélie JACQUES »
« L’illusion coloniale », d’Éric DEROO, avec la collaboration de Sandrine LEMAIRE (Taillandier, 220 pages, 28 €.)
Le 10/08/2007