Au moment où je viens de terminer le premier tome de mon manuscrit consacré à un vibrant hommage que je rends aux Tirailleurs « Sénégalais » des deux Grandes Guerres (1914-1918 et 1939-1945), je viens de lire avec beaucoup de satisfaction, mais aussi avec une très grande fierté, deux courageuses prises de position de Rama YADE, Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères chargées des Droits de l’Homme.
C’était le 3 novembre 2008 à Reims, à l’occasion d’une cérémonie présidée par Jean-Marie BOCKEL, Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants : l’inauguration du nouveau monument dédié « Aux Héros de l’Armée Noire », construit pour remplacer celui qui y avait été érigé en 1924, et que les nazis avaient détruit en 1940. Le moins que l’on puisse dire est que notre jeune Secrétaire d’Etat n’a pas manié la langue de bois en déclarant : « Je salue avec une très grande émotion cette entreprise. Que cela n’a-t-il été fait avant ? Le peuple français a une dette envers les Tirailleurs Sénégalais. Cette dette est sacrée. Elle touche à la Nation. Les Tirailleurs sont tombés pour que la France ne meure pas. Pour que vive la France. Loin de chez eux. Disons le clairement : l’hommage de la France aux Tirailleurs a été en-deçà de leur sacrifice. »
Après avoir rappelé les injustices dont furent les Tirailleurs « Sénégalais » après la guerre (le massacre du camp de Thiaroye, « cristallisation » de leur pension en 1959…), elle abordait le délicat problème afférent à la situation des jeunes Africains-Français : « Cette jeunesse française issue de l’immigration : combien de fois l’ai-je entendu dire : à quoi ça sert-il d’aimer la France puisque nos grands-parents qui l’ont aimée jusqu’à mourir pour elle n’y ont rien gagné ? Contraste saisissant entre la fierté des Tirailleurs d’avoir servi et la colère des petits-fils. Au point que je me demande parfois si les hommages aux Tirailleurs ne devraient pas être plus efficaces que la discrimination positive pour apaiser nos chérubins des banlieues. Non, je ne me le demande pas. J’en suis sûre. » Très bonne remarque…
La conclusion de Mme YADE n’était pas mal non plus, des phrases dans lesquelles on trouve des relents de rassemblement que ne renierait pas un Barack OBAMA dans un autre contexte (C’est dire !) : « Je veux à travers ce récit, à travers l’épopée des Tirailleurs vous dire, chers amis, que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous divise. Les facteurs d’unité plus puissants que les ferments de la discorde. Vous dire que des hommes noirs ont un jour aimé ce pays jusqu’à mourir pour lui. Que cet héritage devrait être le socle d’une unité nationale que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. » (C’est moi qui ai souligné certains passages.)
Malheureusement, cette ode au rassemblement, à l’unité, à l’union, très peu d’hommes politiques français, quelle que soit leur chapelle politique la partagent. Mon grand réconfort sur ces questions vient surtout du fait beaucoup de frères d’armes français blancs de ces Tirailleurs « Sénégalais » ne les ont pas oubliés. Certains se battent même de toutes leurs forces pour que leur mémoire ne soit pas oubliée ; pour que justice leur soit enfin rendue. C’est dans cet esprit que je salue du fond du cœur la très louable initiative prise par M. Olivier de SARNEZ, Président de l’Association des Médaillés de la Résistance, en publiant à titre presque exceptionnel un très large résumé de Rama YADE dans le bulletin de liaison de son Association (N° 53, année 2009.) J’ai trouvé que cette initiative est, d’une certaine façon, un nouvel hommage personnel qu’il a rendu aux Tirailleurs « Sénégalais », et apprécié tout particulièrement l’explication qu’il en donne : « Parmi les discours, celui de Rama YADE m’a bouleversé par son fond qui nous montre son patriotisme sans faille qui fait penser à celui d’OBAMA et son opportun rappel de Jean MOULIN. ( …) Ci-dessous ce beau texte. »
Merci, M. de SARNEZ et à tous les autres Anciens Combattants et Résistants français qui se battent pour le sacrifice des Tirailleurs « Sénégalais » ne tombe pas dans l’oubli.
** Le titre de mon manuscrit, que j’espère pouvoir publier très bientôt est : « LA PASSIONNANTE HISTOIRE DES TIRAILLEURS « SENEGALAIS » DE 1857 A 1919. » Le titre du 1e tome, qui est déjà prêt, est : « DE LA CREATION DU CORPS A 1919. LE « SOLDAT INCONNU » ETAIT-IL UN TIRAILLEUR SENEGALAIS ? »
Le 07/06/2009